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pelosato

Carnets du fandom

Crash ! un film de David Cronenberg (1996) | 27 juillet 2009

James G. Ballard (en hommage à Jim G. Ballard, l'écrivain auteur du roman dont s'est inspiré Cronenberg pour ce film) est entraîné, au travers de la "petite mort", vers la mort violente de l'accident de voiture. Il a du mal à y parvenir. « Le remodelage du corps humain par l'application d'une nouvelle technologie » ment le grand prêtre de cette nouvelle religion, en réalité « l'accident de la route est fécondateur d'une énergie sexuelle », corrige-t-il plus loin dans le film. L'accident de voiture est « une œuvre d'art », jusqu'à la mort. « Ce sera pour la prochaine fois... » dit Jim à sa femme juste après l'accident auquel, hélas, elle a survécu.  

Extrait de mon livre "Un siècle de cinéma fantastique et de SF" disponible ici :
http://www.manuscrit.com/book.aspx?id=6146

 

Publié par pelosato à 10:13:51 dans pelosato | Commentaires (0) |

J.G. Ballard et David Cronenberg : Crash ! | 24 juillet 2009

J'ai fait la connaissance de J.G. Ballard en lisant son premier roman : Le Monde englouti (1964). Avec un style alangui il décrit un monde inondé. Un roman post apocalyptique qui évite les violences habituelles de ce genre d'histoire.  Puis j'ai continué avec La Forêt de cristal (1967), Sécheresse (1975), Salut l'Amérique (1981) dans lequel il envisage l'hypothèse qu'il a été construit un barrage au travers du détroit de Bering ce qui a entraîné une changement de climat profond en Amérique. Une série de romans apocalyptiques dans lesquels l'espèce humaine s'installe dans le nouveau monde créé par l'une ou l'autre catastrophe. La catastrophe n'est qu'un révélateur, un passage vers un autre monde et toute la difficulté des êtres humains est de s'adapter à cet autre monde.
Puis il a écrit Crash ! en 1973, un roman sur une perversion sexuelle inédite : l'orgasme que peut produire l'accident de voiture. Il est vrai que l'orgasme est souvent appelé "La petite mort".  Il fallait le faire, non ? Ce n'est pas à la portée de n'importe quel écrivain d'écrire une histoire qui tient la route (ah ah ah...) avec un tel sujet.
Un autre très grand artiste a osé adapter ce roman au cinéma en 1986 : David Cronenberg. Avec le même titre que le roman. Un très grand film qui n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité, le sujet très scabreux étant par trop dérangeant.

Parlons un peu de David Cronenberg.
Je ne peux pas faire mieux que de publier ici l'article que je lui ai consacré dans mon livre "Un siècle de cinéma fantastique et de SF":

David Cronenberg, né en 1943. Cronenberg qui se spécialisa tout de suite dans le fantastique n'a pas la cote dans son pays. Pourtant, je le considère comme un grand cinéaste de ce siècle. Il a fait des films d'horreur, et, le mieux pour le comprendre, est de lire ce qu'il dit lui-même à propos de son film Frissons, mais qui reste valable pour l'ensemble de son œuvre et, particulièrement pour son film Crash qui divise tant la critique (extrait de son interview par William Beard, Piers Handling et Pierre Véronneau en 1983) : « Il y a beaucoup de films d'horreur explicite qui ne m'intéressent pas du tout parce que je n'ai pas envie d'aller voir un abattoir. Je ne pense jamais que mes films ressemblent à ça, même si pour certains, évidemment, c'est une distinction plutôt mince. [...] Pour moi, tous les arguments au sujet d'une violence qui pourrait s'étendre à l'extérieur de l'écran étaient sans fondements. Le but véritable était de montrer l'immontrable, de dire l'indicible. Je ne pouvais pas proposer ces parasites hors champ parce que personne n'aurait su ce qui se passait. C'est une chose que de voir un personnage qui lève son couteau au-dessus de la poitrine d'un autre et d'entendre ensuite un “swouch“ hors champ ; vous savez ce qui va arriver, vous le comprenez. Je créais des éléments qui ne pouvaient pas être suggérés parce que difficilement imaginables pour le spectateur. On ne peut pas avoir quelqu'un qui regarde hors champ en disant : “Mon dieu, des parasites sortent de sa bouche !“ En vérité, il est assez naturel d'agir comme je l’ai fait. Et aux gens qui pensent que Hitchcock est le maître de la retenue, je leur dit d'étudier le contexte de sa personnalité et de son époque et aussi de bien regarder « Frenzy » (1972) qui contient des scènes vraiment vicieuses. Il les a créées : il les voulait, personne ne l'y a forcé. L'époque était telle qu'il pouvait le faire et je dis que tout ça ne relève pas simplement du manichéisme, même chez Hitchcock. [...] Je pense que l'on doit s'immiscer (entre le conscient et l'inconscient) malgré les conséquences qui sont parfois terrifiantes. On doit vivre une vie équilibrée, entre la confiance et le désastre. Je ne pense pas que le but de la vie soit de trouver une niche totalement tranquille et sécuritaire ; je pense que cela représenterait une véritable mort. Par ailleurs et pour ma part, je ne veux pas d'une vie qui se déroule au milieu du chaos et du désastre. Je ne souhaite aucun des deux pôles, ce qui veut dire que je dois constamment me rééquilibrer »
On discerne bien la volonté d'équilibre dans ces déclarations. Mais, l'évolution de Cronenberg, va toujours plus vers une rupture de cet équilibre vers le chaos, jusqu'à Crash ! qui voit la course frénétique des personnages à la recherche de la jouissance de leur propre mort violente par accident de voiture. C'est que le cinéaste est fasciné par la transformation physique, la transformation finale étant la mort. De l'évolution frénétique des personnages infectés de parasites dans Frissons, en passant par la transformation de la jeune fille en vampire qui transmet la rage dans Rage, la jeune femme qui crée ses petits à partir de son propre corps dans Chromosome 3, double de chair et inversion des caractères des jumeaux dans Faux-semblants, transformation horrible du corps dans La Mouche, jusqu'aux cicatrices des blessés de la route dans Crash, David Cronenberg ne cesse de prospecter ce lien entre le conscient et l'inconscient, la part de lumière (le corps) et d'ombre (la psyché) qui ne peuvent que jouer l'un sur l’autre de manière terrifiante bien qu'inconsciente.

Cronenberg joue un rôle important dans le film de Clive Barker Cabale.

Frissons (1975)  Un parasite (une invention d'un scientifique qui l’a transmis à sa maîtresse) se répand dans un immeuble bourgeois et produit une vraie frénésie sexuelle chez les gens infectés.
Rage (1976)  Après un accident de moto, une jeune fille se transforme en vampire. La morsure de son nouvel appendice transmet la rage.
Chromosome 3 (1979)  Une malade mentale engendre des créatures qui règlent ses comptes psychanalytiques avec sa famille.
Scanners (1980)  Ils ont un étrange pouvoir, celui de vous tuer à distance. (Il y a des séquelles...)
Videodrome (1982)  Trop regarder la télé nuit à la santé...
Dead Zone (1983)  Adaptation d'un roman de Stephen King. Un homme devient voyant après un accident de voiture. Sa situation n'est pas enviable.
La Mouche (1986)  Remake du film de Kurt Neumann La Mouche noire (1958) tiré lui-même du roman de George Langelaan. Un savant invente un système de translation et mélange malencontreusement la génétique d'une mouche à la sienne.
Faux-semblants (1988)  Descente aux enfers de deux jumeaux gynécologues.
Le Festin nu (1991)  Une adaptation de William Burroughs (ne pas confondre avec Edgar Rice...)
Crash ! (1996)  Sexe et mort violente de l’accident de la route. Fascinant ! 
Existenz (1999) Comment on devient esclave d'un jeu vidéo que 'lon branche directement sur son sytème nerveux
A History of violence (2004) Comment devient-on violent...
Les Promesses de l'ombre (2007) Dans le monde de la mafia russe.
 

Vous pouvez commander "Un siècle de cinéma fantastique et de SF" ici :
http://www.manuscrit.com/book.aspx?id=6146

Publié par pelosato à 21:36:10 dans pelosato | Commentaires (0) |

Crash ! - hommage à Michael Jackson, J.G. Ballard et David Cronenberg | 23 juillet 2009

Crash !
Par Pierre Dagon

 

 

Je roule dans ma vieille bagnole. Une guimbarde qui a encore de l'allure et de la puissance.

J'ai mis dans le lecteur de cassette l'album du roi de la pop qui comprend Bad, Thriller, Beet it, I just can't stop loving you...
Je fais passer en boucle à tue tête "Bad" et "I just can't stop loving you".
Je file à 180 à l'heure sur l'autoroute, fenêtres ouvertes. C'est l'été, un soir resté très chaud après une journée caniculaire. Le soleil se couche à l'ouest au-delà du fleuve et des monts du lyonnais.
Je double une voiture comme la sienne. C'est la deuxième que je double. Je ralentis à sa hauteur pour regarder la conductrice. Effectivement c'est bien une femme. Mais pas celle que j'espérais... Je donne un coup d'accélérateur. Ma vieille guimbarde proteste et les pneus crissent.
« I'm bad », chante Michael Jackson. «Who's bad ?» ...
Moi je suis méchant dans ma tête. J'ai perdu un grand amour.
Après "Bad" j'écoute "I just can't stop loving you": je ne peux pas m'empêcher de t'aimer.
La voiture file toujours. J'arrive au virage de La Mulatière. Je suis flashé par le radar du virage situé au niveau du pont Pasteur.
Les pneus crissent dans le virage que je passe à 120 à l'heure. Puis je file vers l'entrée sud de la ville. Je zigzague entre les voitures de l'éternel bouchon du tunnel sous Fourvière. Ça ralentit drôlement mon allure. Ça m'énerve, j'ai envie de rentrer dans toutes les voitures qui m'emmerdent. J'en percute une ou deux à l'arrière pour les faire avancer plus vite. Les conducteurs au volant klaxonnent. Je file, les double, fait des queues de poissons. J'emmerde tout le monde. Un connard tente de me suivre. Mais je n'ai rien à perdre. M'en fous de la bagnole, m'en fous des autres, m'en fous de la vie. Z'ont qu'à venir avec moi, ils verront ce que c'est que de mourir. Je passe comme une bombe devant la prison de Saint Paul. Je fais un bras d'honneur aux prisonniers.
Je m'enfile dans l'entrée sud, sous les voies de chemin de fer de Perrache, alors que les autres files emmènent les véhicules vers le tunnel.
Là je vais prendre mon pied. Ce n'est plus l'autoroute mais l'axe nord-sud de la ville, axe qui longe le fleuve. Axe plein de feux rouges aux croisements avec les ponts qui enjambent le grand cours d'eau.
Je zigzague toujours, grille mon premier feu rouge avant le pont de l'Université, puis celui au niveau de ce pont. J'arrive à prendre vive allure en passant sous la voie qui conduit au pont de la Guillotière. Sous le bouquet de fleurs.
Mes baffles gueulent toujours « I'm Bad » C'est jouissif !
Au moment où Jackson conclut par « Who's bad ? » j'entends la sirène des flics. Je regarde le rétro : deux voitures de police m'ont pris en charge. Putain ! Jamais je n'aurais cru tenir si longtemps. Ce sport mécanique va finir par me redonner goût à la vie !
Je ressors devant l'Hôtel Dieu. Grille un autre feu rouge au pont Wilson. Je passe encore ! C'est pas possible. Pas un con pour me couper la route.
Pourquoi je fais ça ?
Parce que j'en ai marre de la vie. Je veux mourir. De manière violente. Quoi de plus violent qu'un accident de voiture ?
Le feu est vert au pont Lafayette. Pas de bol.
Je passe aussi le pont Morand  toujours suivi par les flics aux sirène hurlantes.
Au moment adéquat je tourne à gauche et je m'enfile dans le mauvais sens vers le tunnel de la Croix Rousse.  Les flics ne me suivent pas. Et je ne tiens pas le coup longtemps.
Je me retrouve soudain devant une rangée serrée de voitures qui descendent vers le sud. Ils commencent à freiner. A klaxonner. Sont terrifiés. Pas moi. Il faut que je choisisse le pauvre con qui va mourir avec moi. Je choisis une voiture dans laquelle je pense qu'il y a le plus de monde possible. J'appuie à fond sur l'accélérateur.
La dernière image que je vois c'est le type qui conduit hurlant de terreur avant le crash meurtrier.
Juste avant de mourir sous le terrible choc, j'entends Jackson crier « Who's Bad ? »
Et je vois, dans ma tête, dans ma pauvre tête qui va éclater, je vois mon Amour me dire adieu en me faisant un signe de la main, les larmes plein les yeux...
L'écran du film de ma vie devient rouge sang... puis noir.

Note : Crash ! est un roman du grand écrivain anglais J.G. Ballard adapté au cinéma par David Cronenberg.
Voir sur ci-dessus l'oeuvre fantastique du regretté J.G. Ballard et tout sur David Cronenberg. 

Publié par pelosato à 16:07:55 dans pelosato | Commentaires (0) |

Que faire de l'inceste en psychanalyse ? | 15 février 2009

 Un livre à lire :
Les "psy" à l'épreuve de l'inceste
par JenYu Peng chez PUF

Depuis les années 1990, différentes enquêtes convergent pour donner un tableau alarmant des vio­lences incestueuses. De leur côté, bon nombre de « psy » semblent imperméables à ces mises en garde, jusqu'à réduire les révélations de leurs patients en fantasmes, pour mieux les nier, et pas­ser à autre chose. Parce que cela est tout bonnement inaudible, abject, même pour le psy le plus solide. Parce que la victime est la première à le nier pour survivre, et qu'il lui faudra des années de souffrance et de travail pour s'en souvenir et le confier à quelqu'un. Parce que lorsqu'elle se met à parler, dans la plupart des cas, son entourage familial la rejette. Enfin, le déni est si bien répandu dans tout notre système social et juridique, que ceux-là mêmes qui font profession d'écouter leur analysant « sans jugement » et « sans tabou », les « psy » donc, eux aussi font fausse route.

En explorant la complexité du traumatisme de l'inceste, ce livre met à l'épreuve certaines théories psycha­nalytiques (complexe d'œdipe, fantasmes originaires...) et les pratiques qui en découlent. En effet, en pri­vilégiant le fantasme de l'enfant, la théorie œdipienne a fini par escamoter le fait que certains parents pouvaient réellement abuser de leur enfant, œdipe bafoué, meurtri. Et pourtant la psychanalyse peut encore aider les victimes d'inceste réel. À condition de ne pas douter systématiquement de leur récit. Car leur souffrance est indicible, le sentiment de culpabilité écrasant, leur psyché en ruine...

Ce livre offre un dialogue juste et percutant entre la connaissance intime des victimes et la connaissance psychanalytique du traumatisme de l'inceste.

JenYu Peng est docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse de l'Université Denis-Diderot - Paris VII,

Parution le 18 mars
Collection
Partage du savoir
28 euros - 256 PAGES

ISBN: 978-2-13-057332-6

Publié par pelosato à 18:28:36 dans pelosato | Commentaires (0) |

J'ai interviewé Maurice G. Dantec | 15 février 2009

A l'occasion de la sortie de son roman "Grande Jonction" j'ai eu le plaisir et l'honneur d'interviewer Maurice G. Dantec. Je l'ai fait en tant que directeur de la revue science fiction magazine.
Voici les conclusions de Maurice G. Dantec dans cette interview :

Le Christianisme conçu par Duns Scot nomme la liberté comme principe suprême de la VOLONTÉ, un acte d'une souveraineté absolue, sorte d'analogon de l'indicible volonté/liberté divine. Cette liberté absolue et souveraine ne peut passer que par la grâce, soit l'infini (non numérique-non aristotélicien) qui fonde toute singularité.
Les deux personnages auxquels vous faîtes allusion atteignent la "Révélation" en devenant plus dangereux encore que la flore empoisonnée du Territoire, en même temps qu'ils agiront comme "Médecins du Camp". Ils seront au coeur de l'abomination mais s'ouvriront à la Beauté. Ils découvriront du coup leur propre singularité, ils comprendront ce qui fonde toute singularité, l'infini, et ils deviendront des hommes libres, c'est à dire des hommes prêts à sacrifier leur vie et leur liberté pour une liberté plus grande.
 
Et si vous voulez lire l'intégralité de cette passionnante interview, voici le lien pour l'atteindre sur le site même de l'écrivain :
Si vous voulez le télécharger gratuitement en PDF c'est ici :
 
Bonne lecture !

Publié par pelosato à 14:52:41 dans pelosato | Commentaires (0) |

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