• Sfmag né en 1999 abandonné et adopté en 2000...

    Écrivain moi-même j'écrivais dans plusieurs revues et je fus même directeur de la revue Naturellement qui a prêté son nom à la maison d'édition. Je collaborais également à la revue Phénix dirigée par le Belge Marc Bailly.

    Phénix fut édité par les éditions Lefrancq et Bailly fut directeur de collection dans cette maison d'édition belge. Le fait que Lefrancq se soit retrouvé en difficultés (pour finir par déposer le bilan) aurait dû attirer mon attention. Cela n'empêcha pas Bailly de proposer ses services aux éditions Naturellement pour éditer Phénix et l'embaucher comme directeur de collection. Il avait des références et je l'ai cru quand il m'expliquait que tout le problème serait venu de Lefrancq.

    En 1994 j'avais fondé une association, l'association éditions Naturellement. Les membres de cette association étaient des dirigeants (comme moi) d'une association écologiste (Le Mouvement National de Lutte pour l'environnement : MNLE)

    En 1997, l'association signait un contrat de diffusion avec CED et de distribution avec Distique. Dès le premier livre mis en vente (Écologie et Progrès), Distique déposait son bilan. Je ne pus encaisser aucune recette, par contre, je devais supporter les retours. Distique fut racheté. Néanmoins, la situation de l'association ne s'améliora pas, les ventes de livres étant insuffisantes, la « production » de Bailly était trop importante (car il fallait produire suffisamment pour le rémunérer) et de qualité très médiocre. CED ne déduisait pas les retours de sa commission. Comme on peut le constater cela commençait mal ! 

    Fin 1999 j'étais dans le TGV quand Christian Delpierre me joignit à mon téléphone portable. Il me proposait ni plus ni moins d'acheter sfmag ! Je vis là la possibilité de réaliser un chiffre d'affaires adéquat pour pouvoir rémunérer mon ami Bailly (car à l'époque il était mon ami...)

    Avec Bailly nous nous rendîmes donc au siège de Sfmag à la Tour Montparnasse à Paris. Nous y fîmes la connaissance d'Alain Névant, Henri Loevenbruck et deux autres personnes dont je ne me souviens plus du nom. Ils étaient quatre permanents à la rédaction. Je rappelle que moi je n'ai jamais été rémunéré et que je suis toujours resté fonctionnaire à plein temps, autorisé par mon « patron » à exercer mes activités bénévoles de gérant et directeur en dehors des heures de travail seulement. Le statut de fonctionnaire interdit la fonction de gérant sauf autorisation de son employeur ;

    Je demandai à Alain Névant pourquoi Delpierre s'était s'adressé à moi (je n'avais pas fait les preuves de ma force financière c'est le moins qu'on puisse dire). Il me répondit que c'était parce que nous faisions un bon travail avec Phénix. En réalité il y avait de cela mais il y avait surtout que les autres composantes du microcosme SF français avaient passé leur vie à dénigrer Sfmag et se voyaient mal prendre la relève... j'avais été le seul à défendre Sfmag

    Je dois dire que Delpierre et les deux autres nous ont donné des documents erronés sur la situation des ventes de sfmag. Le tableau fourni donnait en réalité des prévisions qui étaient présentées comme des ventes réelles. Je m'en aperçus vite quand je pris contact avec les NMPP pour prendre la relève ! J'en fis part avec colère à Delpierre (il était alors au salon du livre) qui me rappela plus tard en me proposant de vendre le titre bien moins cher. Il nous le céda pour 75 000 FF (!). Cela ne me fit pas changer d'avis. Ce fut Bailly qui me convainquit de tenter l'aventure.

    Ces individus m'avaient également caché que la situation financière était catastrophique ! Ils avaient publié huit numéros (je rappelle que moi j'en suis au N° 46) en réalisant un déficit de 2,8 millions de francs lourds. Nous ne reprenions pas le déficit bien sûr, puisque nous n'achetions pas la société qui éditait sfmag (et qui s'appelait Ozone), mais le titre sfmag seulement. Mais ce fonds de commerce (car le titre est un fonds de commerce) se présentait comme créant un gros déficit...

    Je l'appris en lisant le projet d'acte de cession que Delpierre m'avait envoyé. J'en fus stupéfait. Mais c'était pour moi irréversible car la SARL pour acquérir le titre avait été créée (j'en fus nommé gérant minoritaire bénévole), engagé cette société avec les NMPP et un imprimeur, mis tout en place etc. Je fis des calculs et pensais qu'on pouvait s'en tirer si on arrivait à vendre au même taux de vente qu'Ozone. Mais j'aurais dû comprendre que j'avais pris la tête d'un navire qui était en train de couler...

    Nous avions commencé le travail avec Bailly rédacteur en chef à plein temps, Michel Dufranne rédacteur en chef à mi-temps et un maquettiste, un copain de Bailly (il prenait fort cher...) Je pus rémunérer les pigistes pour le numéro 9 et ensuite je leur écrivis pour leur expliquer que les ventes ne permettaient pas de les rémunérer et qui si l'on voulait continuer il fallait être bénévole comme moi. Beaucoup acceptèrent.

    Le temps passait, les ventes baissaient et je baissais le tirage, nous finîmes par nous passer de maquettiste, Bailly se chargeant de la maquette. Je manquais cruellement de trésorerie.

    La campagne de dénigrement contre moi commença lorsque Bailly demanda à Ayerdhal de nous « vendre » une nouvelle. Il demandait 4000 FF pour cette nouvelle ! Bailly m'en fit part, je lui dis non mais il la publia quand même en imaginant que le nom de messire Ayerdhal allait nous faire gagner de l'argent.

    Je me laissais faire avec d'autant plus de faiblesse que je fis le correcteur du brouillon qu'Ayerdhal nous fournit... Les ventes fléchirent encore et il me fut impossible de payer l'auteur. Ce qui me valut un tombereau d'insultes de Dunyach sur la liste SFF (Connaissez-vous un auteur qui ait l'outrecuidance de demander 4000 FF pour une nouvelle de deux pages ?)

    Nos difficultés financières me placèrent dans une situation de plus en plus difficile : je ne pouvais plus payer les auteurs, ni d'ailleurs les imprimeurs etc. (Voir ci-dessous l'historique de la société d'édition)

    Je fis bien des efforts pour échafauder des dispositifs financiers avec le ministère de la culture pour en sortir. Je dois dire que le Centre national du livre ne fut absolument pas à la hauteur.

    Mais le sort s'acharnait contre nous. Au moment où ce dispositif devait se mettre en place, le deuxième dépôt de bilan de Distique le rendit impossible à appliquer. Je déposai le bilan de l'association (le 11 septembre 2001, une date symptomatique !), en laissant un sursis à la SARL afin de continuer à publier Sfmag. Mais le fait que les deux sociétés portaient le même nom rendit la tâche impossible. Pourtant j'étais quasiment parvenu à un équilibre financier de Sfmag en trouvant un imprimeur en Italie mais il eût fallu que tout le monde devienne bénévole.

    Ma situation financière personnelle était devenue épouvantable et je ne pouvais continuer : je fus contraint de déposer le bilan de la SARL en restant moi-même complètement ruiné.  Je n‘abandonnais pas la bataille pour autant. La SARL me devait environ 170 000 euros j'exigeais des actionnaires qu'elle me cède le titre Sfmag ce qu'ils firent. Le montant inscrit dans l'acte de vente est de 50 000 euros mais évidemment tout cela n'est que virtuel. Je créais une société EURL de presse à 300 euros de capital et poursuivis l'édition de Sfmag.

    Bailly me laissa tomber, il entraîna avec lui bien des collaborateurs, d'autres restèrent j'en recrutais bien d'autres et à partir du N° 32 je publiais mensuellement tout seul SFMAG ! Et ce jusqu'au numéro 43 où je tombais malade de fatigue en faisant une grosse dépression nerveuse. J'avais tenté de passer le flambeau à JP Fontana mais ce dernier exigea que je disparaisse de la circulation. Ayant tant sacrifié à Sfmag je ne pus m'y résoudre. Ce fut d'ailleurs cette tentative de lynchage qui déclencha ma dépression.

    J'ai tellement donné de ma vie dans Sfmag que celui-ci ne pourra disparaître que lorsque je serai mort... D'autres sponsors se sont présentés... La parution a repris.

    Avec ma fidèle équipe (nous sommes une trentaine) nous avons mis en place un très bon site qui accueille plusieurs milliers de visiteurs par jour :

    http://www.sfmag.net

     Historique des sociétés d'édition

     Le 1er mars 2000, je créais la SARL éditions Naturellement. Celle-ci acheta le titre science fiction magazine(Sfmag) car l'équipe de Sfmag issue de la SARL ozone (détenue en majorité par Flammarion) souhaitait arrêter l'exploitation du titre et nous avait  sollicité pour prendre la relève. L'exploitation de ce magazine par la SARL ozone marquait un déficit de 2,8 millions de francs. Je pensais pouvoir relever le défi mais je n'ai pas réussi. Ceci dit, ce déficit portait sur 9 numéros. Nous en avons édité 35 avec un déficit très inférieur. Mais il fallait avoir les reins plus solides financièrement

    Dès l'année 2000 je sollicitai une aide du CNL. Le but était de mettre fin à l'activité de l'association éditions Naturellement en lui substituant celle de la SARL. Voici le dispositif qui avait été mis au point : grâce à divers apports (dont les deux cent mille francs de prêt du CNL),  la SARL devait acheter le stock de livres de l'association.

    Entre temps, hélas, Distique déposait de nouveau son bilan et le mandataire judiciaire de cette société bloquait les stocks de l'association. Cette dernière se trouvant démunie de tout actif dut déposer son bilan. Du coup, le dispositif décrit ci-dessus devenait obsolète... Entre temps, cent mille francs avaient été versés par la SARL à l'association. Ces cent mille francs ont été une perte sèche pour la SARL qui n'a pas pu récupérer le stock de l'association. Et il faut bien également comprendre qu'une grosse partie du stock bloqué chez Distique appartenait à la SARL qui avait commencé à éditer des livres depuis l'été 2000...

    D'autre part, en été 2001, CED nous a trouvé un autre distributeur (Casteilla Chiron)  Ce dernier a souhaité que la SARL reprenne les retours de l'association en liquidation judiciaire. Casteilla avançait la difficulté suivante liée au fait que la SARL et l'association avaient le même nom, ce qui créait une confusion : les libraires n'auraient pas compris que les éditions Naturellement (puisque l'association qui était en liquidation judiciaire et la SARL avaient le même nom) proposent des livres et ne reprennent pas les retours. Le paiement de ces retours a complètement mangé toutes les recettes de vente de livres de la SARL, alors que ces retours auraient dû entrer dans le cadre de la liquidation judiciaire de l'association. L'aide financière du CNL était devenue encore plus précieuse face à toutes ces vicissitudes... Mais hélas, elle était loin d'être suffisante.

    D'autre part, la recherche de l'équilibre financier de Sfmag a été assez longue. Nous nous sommes dirigés petit à petit vers un bénévolat total de la confection du magazine dont les ventes n'ont cessé de baisser.

    Afin de pouvoir continuer, j'ai personnellement apporté de grosses sommes en compte courant d'associé dans la société. La SARL a été jusqu'à me devoir 170 000 (cent soixante dix mille) euros... J'ai tenté également de réaliser un prêt pour pouvoir honorer les créances, mais ce prêt n'a pas pu se réaliser. D'autre part, je dois dire que l'attitude d'un associé, le MNLE, à mon égard, n'a pas facilité les choses. J'ai été jusqu'à être conduit à porter plainte contre lui pour abus de confiance.

    Les associés ont été contraints de me céder le titre Sfmag en compensation de ce compte courant. Cela a diminué ma créance de 50 000 euros.

    Hélas, la dette s'accumulant, ma situation financière personnelle étant devenue catastrophique, et puisque aucun associé ne voulait continuer à alimenter le compte courant d'associé, je fus contraint de mettre la société en cessation de paiement le 17 avril 2003. Le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé la liquidation judiciaire de la SARL le 30 avril 2003.

    Je reste dans une situation personnelle extrêmement pénible. J'ai encore un litige au tribunal de Grande instance avec l'imprimeur de l'association qui tente de m'imputer les dettes (datant de 1999 !) de cette dernière sur mes biens personnels. S'il obtient gain de cause je serai contraint de demander au tribunal de me déclarer en faillite privée...

    Notes :
    Le fait que la rédaction en chef était en Belgique n'a pas facilité les choses. Bailly se permettait (illégalement) de signer des contrats au nom de la société ce qui me valut plusieurs litiges dont l'un avec Galaxie. En réalité Marc Bailly est incompétent. Je finis par comprendre que les seuls brins de compétence qu'il avait lui venait de son compère Corthouts qui n'est pas un génie de la littérature pour autant.

     Ma conception de la vie est basée sur le militantisme. Cela transparaît évidemment dans toute cette histoire, car je ne suis pas vraiment naïf mais militant. J'ai mis longtemps à comprendre à quel point les questions d'argent pourrissent les rapports entre les gens. J'en ai eu encore la preuve dans une conversation avec un auteur qui m'expliquait qu'il menait une campagne de dénigrement contre les éditions Encrage car elles lui devaient... 14 euros !!!!! Je n'ai toujours eu que mépris pour l'argent mais j'ai eu tort !

    J'ai écrit un ouvrage autobiographique que j'ai appelé « Militer » dans lequel je retrace ma vie de militant d'abord au PCF (je l'ai quitté il y a quatre ans) et ensuite aux éditions Naturellement. Pour vous dire que je n'ai absolument rien à cacher, je n'ai même pas honte de ma naïveté... Cet ouvrage est édité par les éditions Le Manuscrit.

     Dernière minute concernant la SARL Editions Naturellement :

     Deux importantes décisions du Tribunal de commerce de Bobigny ont clôt cette affaire :

    1) Ordonnance rendue par le président du tribunal de Bobigny le 23 août 2005 :

    « Origine des difficultés :

    - la reprise d'un certain nombre d'invendus suite à la mise en liquidation judiciaire de l'association Editions Naturellement créée par Monsieur Pelosato

    Ceci a considérablement affaibli la trésorerie de la société.

    - la mise en liquidation judiciaire de la société Distique, son distributeur, en mars 2001.

    Les ventes étant assez faibles la société n'a pu redresser la situation. »

    Le juge commissaire a proposé au président du tribunal de ne pas faire comparaître le gérant en vue d'un sanction éventuelle.

    Le président du tribunal a ordonné de donner suite à cette proposition...

    2) Jugement du tribunal de commerce de Bobigny du 5 octobre 2005 :

    Le tribunal prononce la clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif.

    Cette histoire se termine ; mon honneur est intact malgré les calomnies.
    Et Sfmag continue !

     

    Givors, le 23 octobre 2005


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