Je poursuis mon étude sur l'entame dans la nouvelle.
Je veux cette fois vous présenter de bons exemples... A la lecture de ces exemples, vous aurez l'intuition que l'auteur qui ne se donne pas du mal pour l'entame de sa nouvelle, c'est souvent parce qu'il ne sait pas ce qu'il va écrire. La bonne entame dans la nouvelle est aussi un respect du lecteur, une vraie modestie de l'écrivain qui ne compte pas seulement sur son nom pour gagner dans le jeu de la fiction contre le réel, mais seulement sur son art...
Le premier exemple, le plus fabuleux (c'est le cas de le dire !;-)), est l'entame du très court roman de Lewis Padgett (pseudonyme du couple célèbre Henry Kuttner et Catherine L. Moore) l'échiquier fabuleux (1951) :
Le bouton de porte ouvrit un oeil bleu et le regarda.
Les bras vous en tombent hein ?
Ensuite, je vous présente les excellentes entames de trois nouvelles du recueil de Daph Nobody La lumière de l'au-delà (2006) deuxième volume du cycle des Ténèbres chez la Société des écrivains. Je vous présente le titre de la nouvelle et ensuite l'entame.
BLUE & YELLOW
Je m'appelle David Blue et j'ai toujours eu trois voeux dans mon sac.
OVERVALT (LA NUIT DE L'ALARME)
Le grand chien se jeta sur la fillette et lui dévora la main.
L'HOMME QUI M'APPRIT A ME RONGER LES ONGLES ou comment devenir un mort-vivant à New York city.
La première fois que je me suis rongé un ongle, j'avais sept ans.
Voilà trois entames qui indiquent clairement que l'auteur sait où il va vous mener et qui donne au lecteur une indication claire sur le contenu de votre voyage.
Je vous invite d'ailleurs vivement à lire ce recueil !
Publié par pelosato à 16:40:23 dans pelosato | Commentaires (1) | Permaliens
L'éditeur Le Manuscrit a remis en vente mon livre "Militer" :
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=6084
N°ISBN : 2-7481-6070-3
A propos des mésaventures de ce livre voir mes articles ci-dessous...
Publié par pelosato à 22:33:12 dans pelosato | Commentaires (0) | Permaliens
Fandom et essais est en vente en librairie et par internet ici :
http://www.ilv-edition.com/librairie/fandom_et_essais.html
Publié par pelosato à 14:33:58 dans pelosato | Commentaires (0) | Permaliens
Je conçois l'art de la nouvelle comme une partie de bridge. L'auteur a pour partenaire le lecteur : ils jouent contre le réel qu'ils doivent tromper par différentes méthodes de jeux comme l'impasse, le squeeze ou duquer... L'art décrire une nouvelle comporte des méthodes qui ressemblent à ces techniques de jeu.
Le lecteur est le mort. Il se contente de pousser ses cartes...
Dans une partie de bridge, l'entame est souvent décisive : avec une bonne entame on met toutes les chances de son côté pour gagner. Avec une mauvaise... La partie est très courte : treize cartes à jouer. Il ne faut pas rater son coup...
Pour la nouvelle c'est pareil : il faut faire court et jouer vite ; comme aux cartes, la psychologie compte beaucoup pour mieux tromper l'adversaire...
Voyons comment certains auteurs de l'anthologie "moissons futures" ont pratiqué la chose... Je vous donne le titre de la nouvelle suivie par le nom de l'auteur, et les premiers mots d'entame de la nouvelle. Vous allez voir c'est édifiant.
Aime ton ennemi de Jean Claude Dunyach
L'HELICOPTERE ABORDA l'île après un virage serré...
Est-ce que ça vous donne envie de lire la suite (connaissant le titre et lisant cette première phrase...) si vous ne savez pas que c'est Dunyach qui a écrit cette nouvelle ? Non hein ? Et en plus ce pilote d'hélicoptère est un vrai nul : il a raté l'île ou quoi pour l'aborder après un virage serré...?!
Un temps pour tout de Francis Valéry
DAVID OPPERMAN posa sa tasse vide devant lui.
S'il y a un temps pour tout, il était temps que le type David pose sa tasse alors... Qui contenait quoi au fait ? Ah ! c'est peut-être là qu'on va exciter l'intérêt du lecteur ? Peut-être du thé dont on parle plus loin... Mais de quoi parle-t-on au fait dans cette nouvelle ? On n'en sait pas plus même plus loin... Vous voyez : l'entame fait tout.
Magiciennes dentelées de Jean-François Thomas
JONATHAN SALTZMANN observait le paysage.
Quelle chance il a ce Jonathan car nous lecteur faudra qu'on en lise un peu plus pour savoir... Et puis... non ! pas de description de paysage. Mais à quoi ça sert donc d'écrire que ce mec observait le paysage ?
Les jardins d'ADN de Claude Ecken
LES JARDINS d'ADN s'étendent à perte de vue.
Pétard ! Il se répète là non ? Il oblige le lecteur à lire deux fois la même chose... On est déjà mort d'ennui...
Nous avons tant rajeuni de Jean-Pierre Hubert et Serge Ramez
MAX FRANCHIT LE PONT qui enjambait le canal.
Dites-donc ! ça nous fait une belle jambe à nous lecteurs ! Et ils se sont mis à deux pour écrire ça ?
ACHELOOS d'Oliver Taquet
La neige tombe sur Pékin
Très intéressant ma foi. Cela me rappelle une chanson. Alors de quoi ça parle ?
Voyez ce que je reproche à ce recueil de nouvelles : manque de travail ou travail de paresseux peut-être ?...
Publié par pelosato à 22:03:35 dans pelosato | Commentaires (3) | Permaliens
Publié par pelosato à 11:23:28 dans pelosato | Commentaires (1) | Permaliens