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Carnets du fandom

L'art de la nouvelle (5) : l'entame chez Arthur Machen | 17 mars 2007

Arthur Machen

Les éditions FMR-Panama rééditent "la Bibliothèque de Babel", collection dirigée par Jorge Luis Borges.
Je viens de relire les trois nouvelles d'Arthur Machen publiée dans le volume "La Pyramide de feu". Vous pourrez lire la chronique que j'en ai tirée dans le science fiction magazine numéro 52 publié le 20 avril 2007.
Il faut se souvenir que ces trois nouvelles ont fortement influencé Lovecraft qui rend un hommage appuyé à Machen dans son étude "Epouvante et surnaturel en littérature".
Ici je vous présente les trois entames de ces trois nouvelles. Elles sont géniales!

La Pyramide de feu
"Hanté dites-vous ?
- Oui hanté. Ne vous souvenez-vous pas...."
Cette entame emmène immédiatement le lecteur sur une fausse piste tout en fixant son intérêt... Assez génial !

Histoire du cachet noir
"Je vois que vous êtes résolument rationaliste, dit la dame. Ne vous ai-je pas dit tout à l'heure que j'ai connu des expériences encore plus terribles ?"
Ici, dès la première phrase, le lecteur est entraîné dans le débat récurrent de bien des histoires fantastiques, celui qui met aux prises le rationaliste sceptique avec le personnage qui est entraîné dans une histoire surnaturelle. L'essence même du fantastique !

Histoire de la poudre blanche
"Je m'appelle Helen Leicester. Mon père, le général Wyn Leicester, officier d'artillerie de valeur a succombé voici cinq ans aux complications d'une maladie..."
Ici encore Machen nous entraîne dans une fausse piste. Mais il crée l'ambiance dont il s'est fait le spécialiste : une petite inquiétude commence à émerger car on parle de mort...

Voilà.
J'en profite pour insister auprès de vous : lisez Arthur Machen.

Je vous ai promis il y a longtemps de chroniquer "Rhésus" d'Héléna Marienské. Je n'ai pas encore eu le temps de le lire, ayant été pris par des tâches plus urgentes, notamment par le retour dans les kiosques de science fiction magazine. Mais je vous le jure je tiendrai ma promesse  !

 

Publié par pelosato à 10:44:38 dans pelosato | Commentaires (0) |

Le Papillon des étoiles | 30 octobre 2006

Le Papillon des étoiles

"Le Dernier Espoir c'est la Fuite."
Bernard Werber
Albin Michel

 


Je viens de terminer le dernier de Werber.
Autant dire de suite que j'ai été très déçu. Ce livre est mal écrit et reprend les clichés les plus éculés de la Science fiction. Werber feint de ne rien connaître de toutes les oeuvres passées de SF qui ont bien mieux traité que lui ce thème de l'Arche de Noë de l'espace.
Pire même, il réinvente le fil à couper le beurre et même l'eau chaude en ce qui concerne son histoire pseudo scientifique qui ne tient pas debout un seul instant.
Je reviendrai plus longuement sur ce livre dans la chronique "livres" du sfmag N° 50 à paraître le 16 décembre.  En présentant notamment les oeuvres essentielles précédentes ayant traité le même thème, les oeuvres qui avaient déjà utilisé un vaisseau photonique, etc.


 

Publié par pelosato à 16:06:36 dans pelosato | Commentaires (0) |

Dimension Espagne : anthologie de SF espagnole : l'art de l'entame | 27 octobre 2006

Dimension Espagne : anthologie de SF espagnole
Présentée par Sylvie Miller (qui a également traduit les textes)
Editions Rivière Blanche

Je poursuis mon étude sur les entames dans les nouvelles.
J'ai reçu cette anthologie de SF espagnole que je vais lire soigneusement et chroniquer dans le prochain numéro (le N° 50) de Sfmag.
Mais ici je voudrais revenir sur l'entame. Avant de lire les nouvelles je « consulte » les entames, c'est-à-dire les toutes premières phrases de la nouvelle. Cette entame est importante car elle va donner envie au lecteur de lire la nouvelle ou alors de s'enfuir!
Voici donc les entames.
- Trois nouvelles de Juan Miguel Aguilera qui est aussi illustrateur de la couverture.
La Forêt de glace
« J'ouvris les yeux et je vis Manuel flotter au milieu de la chambre ».
Excellent non ? Cela donne envie de savoir pourquoi, qui, comment et où ? Non ?
Dernière visite avant le Christ
« La jeune femme saisit le verre. Tequila citron. »
Très nul ! Quand un auteur commence par faire saisir son verre ou sa tasse par un personnage c'est que franchement il ne sait pas comment commencer !
Voyage au centre de l'univers.
Cette nouvelle commence par une citation de Teilhard de Chardin dans laquelle il prie Dieu de le faire devenir évangéliste du Cosmos. Puis voici la première phrase de la nouvelle :
« A l'heure dite, je me présentai devant la résidence située au numéro un de la rue Charles Dubois. »
Excellent ce contraste entre la citation et la première phrase. On sourit et on a envie de continuer à lire...
- Une nouvelle de Elia Barcelo
Les Réapparus
« Lorsque je suis tombé amoureux de Mabel, j'ignorais qu'elle était morte. »
Pas mal, ça met dans l'ambiance...
- Une nouvelle de Victor Conde
Le Fil de l'épée de bois

« En tirant le loquet de la grille rouillée de son jardin, le Patriarche découvrit qu'il avait des taches de sang sur les mains."
Ah ! J'adore. Voilà l'entame idélae de la nouvelle : pleine de mystère, de curiosité, d'amour du récit mystérieux et de la littérature...
- Une nouvelle de Daniel Mares
Champs d'automne

« La première fois qu'on m'a parlé des Champs d'automne, je devais avoir soixante et un ans. »
Très bien aussi, de manière différente. Ici l'entame ne suscite pas eulement la curiosité elle donne en une seule phrase plusieurs informations. »
- Une nouvelle de Rafael Marin
Mein Führer

« Manfred Vogelweide avance d'un pas, s'arrête, claque les talons de ses bottes en cuir verni et déclare: «  Compagnons, nous tenons dans nos mains le pouvoir de changer le cours de l'histoire! »
Le gars s'est donné du mal, OK, mais néanmoins je trouve l'entame un peu niaise. Pas mal quand même...
- Deux nouvelles de Rodolfo Martinez
Il traverse le désert

« Il traverse le désert et sur son chemin le silence se referme comme un linceul autour d'un cadavre désespéré. »
Pas terrible, hein ? D'abord, il répète le titre en premier, on s'ennuie déjà, et ensuite le texte est d'un ampoulé...
La Route
« Le chemin continue inexorable. »
Même remarque que précédemment hein ! Rodolfo faudra améliorer tes entames...
- Deux nouvelles d'Eduardo Vaquerizo
Les Chemins du rêve

« Ils voguaient dans la lumière froide des étoiles. »
Aïe ! Ça c'est vraiment d'un banal...
Une Terre pleine de question
« Les robots cheminaient dans la forêt, avec, à leur tête le plus récent. »
Ouais... Cette entame ne pose pas vraiment de questions contrairement à ce qu'affirme le titre.

Voilà !
J'espère ne pas vous avoir dégoûté de lire cette antho, car vraiment, je vous conseille de la lire !
Le site de l'éditeur :
http://www.riviereblanche.com

Publié par pelosato à 11:47:55 dans pelosato | Commentaires (0) |

Grande Jonction | 22 octobre 2006

 Un livre à lire absolument, l'événement littéraire de cet automne  :

Grande Jonction de Maurice Dantec.
Chez Albin Michel


Un chef-d'oeuvre d'anticipation basée sur la métaphysique de Duns Scot, un théologien du treizième siècle. De la science fiction philosophique (accessible à tous) qui soulève le problème de l'avenir de l'espèce humaine dans la lutte, non pas entre le bien et le mal telle qu'on la comprend habituellement, mais la lutte entre le collectivisme qui supprime l'individu et l'individuation, chère à Duns Scot justement.



Je vais écrire une longue critique de ce livre, à paraître dans le numéro 50 de Sfmag. Je prépare une interview de l'écrivain  qui sera également publiée dans le numéro 50 de sfmag (à paraître le 16 décembre).

Publié par pelosato à 10:56:16 dans pelosato | Commentaires (0) |

L'art de la nouvelle (4) | 12 septembre 2006

Je croyais avoir lu le pire en ce qui concerne l'art de l'entame mais non, voici le pire que j'aie jamais lu :

"Sur Clavène, planète minière de type 4, les prospecteurs avaient installé leurs campements aux abords immédiats de l'aire d'atterrissage, sans que les autorités essayent même d'y mettre de l'ordre. Léna s'arrêta au bas des échelons, se demandant si elle n'allait pas immédiatement rembarquer."

L'archétype même de l'entame qui donne envie de ne PAS lire la nouvelle...
On est déjà fatigué à l'idée de s'attaquer à une niaiserie ennuyeuse.

De la SF sans AUCUNE imagination : une planète "minière" SVP, un astronef et un camp de prospecteurs... Aucune originalité.
Où ai-je "déniché" ce magnifique exemple de nullité dans l'entame ? (C'est même pire que l'hélicoptère qui aborda l'île après un virage serré !)
Eh bien dans un concours de nouvelles organisé à l'occasion de la 33e convention nationale française de SF (qui a eu lieu à Bellaing en août 2006)!
Non ?
Si !
Cette entame a intéressé 60 auteurs qui ont poursuivi cette "histoire" sans vergogne après une entame ne manifestant aucun respect pour le lecteur. Et comme l'écrit la délicieuse Lucie Chenu dans l'éditorial du recueil des huit nouvelles sélectionnées, recueil qui constitue le N°4 du fanzine Géante Rouge : "Je vous souhaite autant de plaisir à lire ces textes que leurs auteurs et moi avons eu à parcourir les cieux étrangers de Clavène."

C'est gentil Lulu mais franchement combien franchiront ce gouffre de médiocrité pour poursuivre la lecture (sans parler du tirage confidentiel de Géante Rouge) ?
Et donc je trouve un peu cavalier d'oser demander à des auteurs d'écrire à partir d'un texte aussi cliché et aussi creux. Bravo à eux d'avoir osé affronter la médiocrité pour tenter (peut-être ?) de la contrebalancer par un récit un peu moins niais. Mais qui seront les lecteurs qui oseront aller plus loin que "le bas des échelons" de Léna ?

Publié par pelosato à 16:15:36 dans pelosato | Commentaires (0) |

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