• L'art de la nouvelle (2)

    Je poursuis mon étude sur l'entame dans la nouvelle.

    Je veux cette fois vous présenter de bons exemples... A la lecture de ces exemples, vous aurez l'intuition que l'auteur qui ne se donne pas du mal pour l'entame de sa nouvelle, c'est souvent parce qu'il ne sait pas ce qu'il va écrire. La bonne entame dans la nouvelle est aussi un respect du lecteur, une vraie modestie de l'écrivain qui ne compte pas seulement sur son nom pour gagner dans le jeu de la fiction contre le réel, mais seulement sur son art...

    Le premier exemple, le plus fabuleux (c'est le cas de le dire !;-)), est l'entame du très court roman de Lewis Padgett (pseudonyme du couple célèbre Henry Kuttner et Catherine L. Moore) l'échiquier fabuleux (1951) :
    Le bouton de porte ouvrit un oeil bleu et le regarda.

    Les bras vous en tombent hein ?

    Ensuite, je vous présente les excellentes entames de trois nouvelles du recueil de Daph Nobody La lumière de l'au-delà (2006) deuxième volume du cycle des Ténèbres chez la Société des écrivains. Je vous présente le titre de la nouvelle et ensuite l'entame.

    BLUE & YELLOW
    Je m'appelle David Blue et j'ai toujours eu trois voeux dans mon sac.

    OVERVALT (LA NUIT DE L'ALARME)
    Le grand chien se jeta sur la fillette et lui dévora la main.

    L'HOMME QUI M'APPRIT A ME RONGER LES ONGLES ou comment devenir un mort-vivant à New York city.
    La première fois que je me suis rongé un ongle, j'avais sept ans.

    Voilà trois entames qui indiquent clairement que l'auteur sait où il va vous mener et qui donne au lecteur une indication claire sur le contenu de votre voyage.

    Je vous invite d'ailleurs vivement à lire ce recueil !

     


  • Commentaires

    1
    reflexion
    Mercredi 14 Juin 2006 à 23:32
    Bof
    "Le bouton de porte ouvrit un oeil bleu et le regarda." OK, c'est genial, ca peut servir une fois. "Le grand chien se jeta sur la fillette et lui dévora la main." Bon, soit c'est du sanglant soit c'est pour choquer à tout prix, mais ce n'est pas tres engageant. De plus "devorer" n'est pas tres adapte. Mordre, dechiqueter, OK, mais devorer ?. Et puis, grand chien, c'est quoi, pourquoi ne pas citer la race ?. Berk "La première fois que je me suis rongé un ongle, j'avais sept ans." Sérieusement, on baille déjà . Il va aussi nous raconter à quel à ge il est passé aux ongles des pieds ? Bref, le recueil est peut-être bien, mais la première phrase n'a vraiment aucune importance...
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