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Carnets du fandom

L'art de la nouvelle (6) : Henri James | 24 mars 2007

  

Pour moi Henri James est un authentique écrivain de fantastique. Je sais qu'écrire cela déplaît aux détracteurs du fantastique en littérature et que cela déplaît également aux amateurs de fantastique.
Il est vrai que James ne met jamais en scène des monstres ou autres entités fantastiques ou surnaturelles. Mais il met en scène des êtres humains qui sont le jouet d'une authentique hésitation entre le réel et l'imaginaire. Et cela c'est proprement fantastique...
C'est le cas dans ces deux nouvelles qui partent d'une situation bien concrète : le décès d'un être cher pour la première et le travail d'une postière derrière son guichet...

L'autel des morts commence ainsi :
Il avait une nouvelle aversion, le malheureux Stransom, pour les anniversaires pauvrement célébrés, et il les supportait encore moins lorsque leur faste était simulé.
Voilà encore une excellente entrée en matière pour cette hsitoire, quand on sait qu'il va s'agir tout au long du récit, de l'anniversaire de la mort de sa fiancée...
James enracine son récit dans l'idée que chaque être humain a ses morts, qu'il faut vénérer (c'est du moins l'opinion du héros de l'histoire...), et il les appelle "Les Autres". Inévitablement pour un cinéphile comme moi cela renvoie au titre homonyme d'un film réalisé par Alejandro Amenabar (2001) dans lequel Les Autres n'étaient pas les morts, mais les vivants, mais cela le spectateur ne l'apprendra qu'à la fin du film tout au long duquel il croira que c'est l'inverse... Ici, chez Henri James, on assiste également à une confusion : ce Stransom semble plus mort que Les Autres et il rencontre une espèce de fantôme, une femme en deuil qui va partager l'autel qu'il a édifié pour ses morts, sans d'ailleurs qu'elle lui en ait demandé l'autorisation. Et le lecteur semble, tout au long de la lecture, s'apercevoir petit à petit que cette femme devrait être son double, mais inverse, puisque de sexe opposé, mais aussi, parce que son mort à elle est un être aimé, le même homme que Stransom déteste, pour une raison que le lecteur ignorera toujours...
N'est-ce pas fantastique cela ?
Dans la cage commence ainsi :
Elle avait vite compris que dans sa situation - celle d'une jeune femme en cage pour la vie derrière la grille d'un guichet, comme un cobaye ou une pie - elle connaîtrait beaucoup de gens sans être connue d'eux.
C'est fort, hein, comme entame ? Voilà toute l'histoire résumée. Et tout l'art de l'écrivain va être de décliner l'imagination de la postière devant les clients et clientes et surtout comment elle va échaffauder des histoires à la lecture des textes des télégrammes qu'ils lui font envoyer... On ne peut pas penser mieux comme traitement de l'imagination à l'oeuvre par l'observation des êtres humains, y compris par la connaissance de leurs messages les plus intimes, mais, évidemment codés comme le sont les télégrammes...
De plus Henir James enfonce le clou de son propos : la postière rencontre une femme qui est décoratrice chez les clients de ce bureau de Poste, elle les connaît donc très bien. Mais la postière ne veut pas connaître la vérité de leur vie. Et quand cette femme lui propose de quitter son emploi à la Postepour devenir son associée, la postière hésite car elle ne veut pas perdre les vies qu'elle a imaginées pour ces gens....

 

L'autel de morts suivi de Dans la cage - Henri James - Stock (biliothèque cosmopolite) - Traduction Diane de Margerie et François Xavier Jaujard - Préface de Diane de Marjerie.

Publié par pelosato à 21:39:12 dans pelosato | Commentaires (0) |

Rhésus | 17 mars 2007

Bon ça y est j'ai lu Rhésus.
Ce que j'en pense ?
Je ne sais pas...
Une histoire de cul dans une maison de retraite. Avec un singe au milieu... de l'histoire et de la maison de retraite...
Ce qui est vrai et ne l'est pas ? On ne le saura jamais. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce livre.
C'est vrai que c'est bien écrit dans un style changeant selon le narrateur (qui change) et assez direct, percutant...
Mais c'est trop long... Fallait faire plus court Héléna Marienské...

Publié par pelosato à 19:02:10 dans pelosato | Commentaires (0) |

L'art de la nouvelle (5) : l'entame chez Arthur Machen | 17 mars 2007

Arthur Machen

Les éditions FMR-Panama rééditent "la Bibliothèque de Babel", collection dirigée par Jorge Luis Borges.
Je viens de relire les trois nouvelles d'Arthur Machen publiée dans le volume "La Pyramide de feu". Vous pourrez lire la chronique que j'en ai tirée dans le science fiction magazine numéro 52 publié le 20 avril 2007.
Il faut se souvenir que ces trois nouvelles ont fortement influencé Lovecraft qui rend un hommage appuyé à Machen dans son étude "Epouvante et surnaturel en littérature".
Ici je vous présente les trois entames de ces trois nouvelles. Elles sont géniales!

La Pyramide de feu
"Hanté dites-vous ?
- Oui hanté. Ne vous souvenez-vous pas...."
Cette entame emmène immédiatement le lecteur sur une fausse piste tout en fixant son intérêt... Assez génial !

Histoire du cachet noir
"Je vois que vous êtes résolument rationaliste, dit la dame. Ne vous ai-je pas dit tout à l'heure que j'ai connu des expériences encore plus terribles ?"
Ici, dès la première phrase, le lecteur est entraîné dans le débat récurrent de bien des histoires fantastiques, celui qui met aux prises le rationaliste sceptique avec le personnage qui est entraîné dans une histoire surnaturelle. L'essence même du fantastique !

Histoire de la poudre blanche
"Je m'appelle Helen Leicester. Mon père, le général Wyn Leicester, officier d'artillerie de valeur a succombé voici cinq ans aux complications d'une maladie..."
Ici encore Machen nous entraîne dans une fausse piste. Mais il crée l'ambiance dont il s'est fait le spécialiste : une petite inquiétude commence à émerger car on parle de mort...

Voilà.
J'en profite pour insister auprès de vous : lisez Arthur Machen.

Je vous ai promis il y a longtemps de chroniquer "Rhésus" d'Héléna Marienské. Je n'ai pas encore eu le temps de le lire, ayant été pris par des tâches plus urgentes, notamment par le retour dans les kiosques de science fiction magazine. Mais je vous le jure je tiendrai ma promesse  !

 

Publié par pelosato à 10:44:38 dans pelosato | Commentaires (0) |

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