Venons-en maintenant au corps de l'histoire.
C'est une nouvelle et donc il faut savoir à la fois être bref sans pour autant devenir schématique. Cela c'est assez simple. Il faut donc avoir une bonne histoire à raconter sans fioritures. Quand l'histoire n'a pas beaucoup d'intérêt (car alors l'auteur manque d'imagination), eh bien il tombe dans l'erreur classique de meubler son texte d'éléments inutiles, qui peuvent avoir un intérêt dans un roman ou une novella car ces fioritures permettent de mettre de l'ambiance... Ici dans la nouvelle, elles lassent le lecteur.
Prenons un exemple dans l'anthologie « moissons futures » de Daniel Conrad.
La nouvelle de Francis Valéry Un temps pour tout est bourrée de fioritures inutiles et lassantes. Elle est même exclusivement composée de cela, de descriptions, de « David se lève, se couche, regarde, se promène » etc... un "art nouveau" de la nouvelle ???
Je résumerai cette nouvelle par une phrase que j'y ai trouvée et que je vous livre : « Il s'était attendu à quelque chose. Il ne savait pas quoi. Juste quelque chose. Mais il ne se passait rien... » (Page 126)
Eh bien ! l'auteur a résumé lui-même l'insignifiance de son texte...
La prochaine fois je vous parlerai du personnage dans l'art de la nouvelle... J'utiliserai comme exemple mon maître : Henry James.
Pour vous mettre l'eau à la bouche voici l'entame de sa nouvelle "L'autel des morts" (in Stock Bibliothèque cosmopolite) :
"Il avait une mortelle aversion, le malheureux Stransom, pour les anniversaires pauvrement célébrés, et il les supportait encore moins lorsque leur faste était simulé."
Traduction : Diane de Margerie
Publié par pelosato à 12:11:58 dans pelosato | Commentaires (2) | Permaliens